Mai, 2021 – Couverture spéciale des événements à Ceuta | Revue de Presse Maroc

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Photo: Mario Sánchez Bueno on wikipedia commons

L’équipe de COMIRE a choisi une sélection d’articles qui expliquent quelques raisons qui ont conduit aux événements migratoires à Ceuta, en plus de la couverture quotidienne et des derniers développements des événements à Ceuta tels que les réactions de l’UE, les réactions des ONG et la situation des migrants à Ceuta.

Information contextuelles liées aux événements de Ceuta, Mai 2021

Région de Fnideq-Tanger-Tétouan : commerce
frontaliers et conséquences de la fermeture des frontières

In this section, we explore two topics: The border trader and the consequences or border closer, and we take a deeper look at the abuse, theft and harassment of « women mules » in Morocco. We explore through these articles concepts such the informality of borders, and how « the closure of the border post for porters between Morocco and the Spanish enclave of Ceuta is causing an « unprecedented » socio-economic crisis ».

L’ informel des frontières

Il est 4 heures du matin. 6 heures, heure espagnole. La nuit est encore noire. Mais à Bab Sebta (appelé El Tarajal par les Espagnols), le point de frontière entre Fnideq et Sebta, l’activité a déjà commencé. Des centaines de femmes, emmitouflées dans des foulards, quelques jeunes hommes, et aussi des aveugles et des personnes âgées, sont regroupés à la grille qui formalise la frontière. Sous le regard de la police marocaine, ils s’organisent avec calme et forment une file disciplinée devant une petite grille, située à droite de celle qu’empruntent habituellement les voitures et les piétons. Cette grille est dédiée au passage de ces « hamalas » (porteurs), appelés aussi « portadoras (porteuses), ou mujeres mulas (femmes mulets). Chargés de fardeau pesant jusqu’à 80 kilos, ils/elles sont employé(e)s pour acheminer quotidiennement, de Sebta au côté marocain de la frontière, de la marchandise qui sera ensuite vendue dans les souks du Nord marocain et de l’ensemble du pays (Derb Ghallef, etc.). Afin de diminuer l’engorgement ainsi que la masse de produits, la douane a limité les entrées : il n’est possible de passer la frontière que de lundi à jeudi, de 5 ou 6 heures du matin jusqu’aux environs de midi. Les porteuses et porteurs, issus de la province de Tétouan, sont de ce fait dispensés de visa. Mais un véritable trafic de certificats de domiciliation permet en réalité à des personnes issues de tout le Maroc de se faire domicilier dans les communes de la province de Tétouan moyennant 7000 à 8000 dhs. Le même phénomène existe à Melilla.

Commerce informel ?

Tous les matins, c’est le même rituel. La grille ouvre vers 5 heures du matin (heure marocaine). La longue file d’attente se met alors en marche et se dirige vers un petit « bureau », situé à droite des bureaux de contrôle de police par lequel passent ces voyageurs. Dispensés des formalités de visa et de l’obligation de faire tamponner leur passeport (qui serait rapidement saturé s’ils faisaient effectivement les formalités à chaque passage), ils se dirigent directement vers l’agent de police chargé du contrôle des passeports. Celui-ci les connait visiblement et les laisse passer après les avoir salués et avoir accepté de leur part une pièce de 5 dhs ou de 10 dhs (par passage). Un petit pactole si on considère que chaque jour près de 30 000 à 40 000 personnes (selon la police) empruntent ce passage, souvent plusieurs fois par jour. Après le contrôle de police, chacun s’engouffre, en file indienne, dans une longue et étroite colonne entourée de grillage et de barbelés qui mène au côté espagnol, elle aussi séparée de celle qu’empruntent les piétons habituels. Un passage dangereux, surtout sous des chaleurs suffocantes, et au regard du nombre de personnes qui s’y entasse parfois. Des incidents sont d’ailleurs régulièrement à déplorer. Fin mai, deux femmes ont ainsi trouvé la mort, étouffées dans une bousculade. En août dernier, une autre femme a trouvé la mort suite à des coups reçus sur la tête. A la sortie de ce long tunnel, des policiers et douaniers espagnols contrôlent vaguement les passeports, visiblement rodés aussi à l’exercice.

Une fois passées les polices, un autre passage, lui aussi entouré de grillages et de barbelés, permet d’accéder au « marché ». Le « marché » est en fait une gigantesque zone franche où sont regroupés 260 hangars immenses remplis à ras bord de marchandises diverses : électroménager, textile, produits alimentaires et cosmétiques, etc. Cette marchandise, déchargée des bateaux arrivés au port de Sebta, est espagnole, mais aussi chinoise ou provient de nombreux autres pays. La condition de zone franche de la ville, tout comme celle de Melilla, lui permet en effet de développer un commerce de produits hors taxes. Marchandise qui est ensuite revendue plus chère sur les marchés du Nord du Maroc. Avant l’existence de cette zone – ouverte en 2004 – ces passeurs allaient s’approvisionner dans le centre ville de Sebta. Soucieuses de désengorger la ville de ce flux quotidien de 30 à 40 000 personnes (sur une population totale d’environ 75 000 personnes), les autorités de Sebta ont décidé la construction de ce marché, spécialement destiné à cette clientèle. Les gros commerçants présents sur Sebta sont les fournisseurs des propriétaires des entrepôts du Marché (de nationalité espagnole, marocaine, mais aussi – depuis quelques années – chinoise, indienne, syrienne), Le Marché, construit juste à la frontière, résout donc le problème de cette masse de personnes transitant chaque jour par la ville et constitue un gain de temps pour les passeurs eux-mêmes.

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Mauvais traitements, vol et harcèlement : le fardeau des « femmes-mulets » au Maroc

Des « femmes-mulets » débarrassées de leur fardeau, certes, mais dénuées d’alternatives. Et des commerces qui baissent leur rideau les uns après les autres… La fermeture du poste-frontière dévolu aux porteurs entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta suscite une crise socio-économique « sans précédent », selon les témoignages recueillis par l’AFP.

« Ils veulent faire de nous des mendiants ! », peste Fatima. Cette quinquagénaire a travaillé toute sa vie comme « femme-mulet » entre la ville marocaine de Fnideq et Ceuta. Il y a quatre mois, le poste-frontière réservé aux porteurs a subitement fermé, sur décision du Maroc, pour lutter contre une contrebande qui affecte son tissu productif. Comme des milliers de porteurs et porteuses harnachées comme des bêtes de somme, Fatima passait chaque jour la frontière de cette zone franche, le dos fourbu par les marchandises espagnoles hors taxes qu’elle livrait aux commerçants de la ville. « Avant, les affaires marchaient bien » mais à présent « Il n’y a plus de travail ici », se plaint cette Marocaine qui a élevé seule cinq enfants grâce à cette contrebande longtemps tolérée.

Difficile de regretter en soi la disparition d’une activité harassante et risquée : en 2017, au moins quatre porteuses étaient mortes dans des bousculades, amenant l’année suivante autorités et commerçants de Ceuta à lancer une initiative pour un recours à des chariots. Mais la livraison des ballots (vêtements, produits alimentaires et ménagers) générait une activité commerçante irriguant toute la région. Et porteurs comme commerçants disent désormais attendre une solution pour leur reconversion. En attendant, Fatima vend des babioles dans un souk de Fnideq. « Je ne gagne plus rien », murmure-t-elle.

« Il n’y a plus de clients »

Les autorités marocaines, très prolixes sur la nécessaire réglementation du secteur informel, ont peu communiqué sur les raisons de la fermeture. Nabyl Lakhdar, le directeur général des douanes, a déclaré au quotidien L’Economiste que les produits de contrebande faisaient « du mal à l’économie en détruisant le secteur productif » marocain.

Pourtant, sans cette contrebande, l’économie de Fnideq, comme celle de Ceuta, tourne au ralenti. « L’impact est énorme », souffle Abdellah Haudour, qui vend des couvertures espagnoles côté marocain. « Les prix ont augmenté, le pouvoir d’achat a baissé. Il n’y a plus de clients », lâche-t-il en montrant sa caisse vide. « Beaucoup ont quitté la ville », selon lui. Habituellement bondée, la gare routière est déserte. « Mes revenus ont été divisés par trois », clame Mimoun El Mourabit, un chauffeur de taxi de 67 ans qui multipliait auparavant les liaisons avec les villes voisines.

M. Lakhdar rappelle, lui, que les porteurs étaient « les premières victimes » de la contrebande, « certains mafieux » profitant de « leur précarité et parfois de leur détresse ». Jusque-là, les produits de consommation courante fabriqués au Maroc avaient en outre du mal à se frayer un chemin dans les marchés du nord du pays, où les produits espagnols de contrebande étaient roi. Cette contrebande entre Ceuta et Fnideq représentait annuellement entre 6 et 8 milliards de dirhams (entre 570 et 750 millions d’euros), selon les estimations du patron de la douane au site d’information Médias24.

« Des magasins ont fermé »

Début janvier, un rapport parlementaire a préconisé de créer une zone industrielle dans la région pour permettre la reconversion des porteurs. Mais « qui va employer des femmes-mulets quinquagénaires et analphabètes ? », s’interroge Abdellah, le commerçant.

Les produits acheminés à pied via le poste-frontière de Tarajal II n’étaient pas taxés, d’où l’énorme poids des chargements transportés sur le dos des porteurs – jusqu’à plusieurs dizaines de kilos. Désormais, une grille ferme le passage, sous l’œil des gendarmes. La fermeture a aussi provoqué une « grave crise du commerce » dans la ville portuaire espagnole, a dénoncé mi-décembre la Confédération des entrepreneurs de Ceuta. À l’entrée de l’enclave, des hangars de tôles ondulées abritent toutes sortes de marchandises envoyées par bateau depuis le continent européen. Ici se faisait l’essentiel du commerce.

« Des magasins ont fermé, l’activité est à l’arrêt. On perd notre temps ici », raconte Rachid, 48 ans, dans sa boutique de chaussures. « Si ça continue, je vais devoir baisser le rideau. Nous, on dépend des autorités espagnoles, on est protégés par le régime de sécurité sociale. Quid des Marocains ? » se demande-t-il. Jamal, son voisin épicier, évoque « une crise sans précédent » au cours de laquelle son chiffre d’affaires s’est écroulé. Montrant ses invendus, il déplore : « Nos produits sont en train de se périmer. »

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Alternatives, contestations et aspirations pour une meilleure vie

Dans cette section, nous explorons la situation sociale et économique actuelle de M’diq-Fnideq, et comment elle pousse les jeunes à risquer collectivement leur vie en mer.

M’diq-Fnideq : De la contrebande à l’économie formelle, un enjeu stratégique [Interview]

Après plusieurs mois de crise économique et plusieurs semaines de contestation sociale, les habitants de M’diq-Fnideq bénéficient de premières initiatives de redynamisation des activités locales. Président de l’Observatoire du nord des droits de l’Homme (ONDH), Mohamed Benaïssa analyse la situation, depuis la fermeture des frontières économiques avec Ceuta.

Quelle est la situation sociale et économique actuelle de M’diq-Fnideq ?

Il existe de grandes disparités au niveau local entre municipalités faisant partie de la même préfecture et qui sont Martil, M’diq et Fnideq. C’est dû aux impacts de la pandémie du nouveau coronavirus ainsi qu’au maintien de la fermeture des frontières avec Ceuta, mais aussi à la baisse drastique des activités touristiques, qui constituaient jusque-là un élément central de l’économie dans notre région. La saison estivale qui n’a pas eu lieu a accentué cette crise, alors qu’on espérait une possible reprise. La ville la plus touchée par cette crise aux multiples facteurs a été Fnideq. C’est pour cela que sa population a manifesté à plusieurs reprises, ces dernières semaines.

Avant la fermeture des frontières pour des raisons sanitaires, les activités de contrebande via Ceuta ont été mises à l’arrêt. Quelles options de reconversion pour ces familles ?

Depuis la fermeture des frontières économiques en octobre 2019, nous avons déjà observé un changement avec le mouvement de plusieurs familles vivant ici, qui ont commencé à se réinstaller dans leurs villes et villages d’origine. Celles qui sont restées ont pu compter sur une dynamique locale de solidarité et d’entraide, en attendant de trouver une nouvelle activité viable.

Avec cette décision, beaucoup de ceux vivant de la contrebande ont pensé qu’il s’agissait d’une mesure temporaire et que le commerce informel allait reprendre tôt ou tard. Ils ont vu cela plutôt comme une escalade du conflit politique entre le Maroc et l’Espagne sur le statut des deux enclaves.

Après plusieurs mois, ils ont fini par réaliser que les autorités marocaines étaient déterminées à mettre fin à cette activité une bonne fois pour toute, donc nombre parmi eux sont restés dans l’expectative avant de commencer à réfléchir à une nouvelle source de revenu.

Dans le milieu associatif, des organisations ont plutôt salué la fermeture des frontières économiques par le Maroc, considérant que cela mettait fin à des décennie d’exploitation de personnes vulnérables dans des activités illicites. Ont-elles le même avis aujourd’hui ?

Au sein de l’ONDH, nous faisons effectivement partie des associations de protection des droits humains qui ont appuyé la décision d’octobre 2019, car nous étions avant cela la seule organisation au niveau local qui a appelé à mettre fin à cette activité, mais avec un accompagnement via l’investissement dans des alternatives économiques. Notre plaidoyer s’est construit sur la base d’éléments et de données de terrain recueillis pendant plusieurs années, qui convergent en premier lieu vers les violations de la dignité et des droits élémentaires des personnes exploitées dans la contrebande.

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Après un calme précaire, Fnideq renoue avec la contestation

Fnideq renoue avec la contestation. Ce mercredi 21 avril, des dizaines de manifestants se sont dirigés vers le siège du pachalik, scandant « le peuple veut gagner sa vie ». Ils ont réclamé, une fois de plus, la réouverture des frontières avec Ceuta pour reprendre le commerce informel. Faute de solution apportée par les autorités, la protestation pourrait reprendre vendredi 23 avril.

Depuis la première colère des habitants de Fnideq le 5 février, la wilaya de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima a lancé des programmes au profit de centaines de personnes ayant perdu leur principale source de revenu avec la fermeture des frontières avec Ceuta, et distribué des aides alimentaires au profit des démunis.

Néanmoins, le problème concerne des milliers de citoyens. Outre les commerçants, il y a les travailleurs légaux qui entraient quotidiennement à Ceuta qui pâtissent de la perte de leurs emplois. La situation qui prévaut à Fnideq est identique à celles à Nador et Béni Nsar. Là aussi, la fermeture de la frontière avec Melilla a laissé sur le carreau des milliers d’hommes et de femmes.

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Fnideq : La crise économique pousse les jeunes à risquer collectivement leur vie en mer

C’est un week-end pas comme les autres qu’ont vécu les habitants de Fnideq et M’diq, villes rongées par une crise sociale sans précédent qui ne cesse de s’aggraver aussi longtemps que dure la fermeture des frontières avec Sebta. Après avoir protesté à moult reprises, parfois avec violence, contre la marginalisation et l’absence de débouchés alternatifs au commerce transfrontalier, la jeunesse ne semble avoir d’autre choix que de quitter sa ville, de façon qui risque d’être suicidaire. 

Une migration collective: Plus de 70 personnes se sont enhardies à rejoindre l’enclave de Sebta, à la nage, ont rapporté des médias locaux marocains et espagnols.  Dans une scène inouïe qui continue de faire le tour des réseaux sociaux, des jeunes migrants ont été même encouragés par quelques habitants alors qu’ils s’apprêtaient à se jeter dans la mer. Tandis que la plupart d’entre eux ont pu atteindre la côte de Trajal, grâce à l’aide des équipes de sauvetage et de la Croix rouge, quelques-uns (le nombre est encore inconnu) ont péri lors de leur traversée et d’autres sont encore disparus. El Faro de Ceuta a rapporté deux cas de disparition de mineurs et un cas de décès d’un homme, père d’une famille. 

Perte d’espoir ? : Si les jeunes en viennent à risquer leur vie aussi désespérément, c’est parce que la vie à Fnideq, comme à M’diq et Martil, devient très difficile pour ne pas dire invivable. Durant les trois derniers mois, la ville vit au rythme des manifestations des habitants, touchés de plein fouet par la fermeture des frontières avec Sebta, qui constituait la seule source de revenu pour des centaines de familles, vivant du commerce transfrontalier et de la contrebande. Contacté par L’Opinion, Mohammed Abgar, avocat et membre du groupe de réflexion pour Fnideq, a indiqué qu’ils sont nombreux à perdre leurs emplois dans la ville sous l’effet double de la suspension de la contrebande, et les mesures de restrictions dues à l’état d’urgence sanitaire. « Il s’agit d’une crise sociale structurelle », estime M. Abgar, ajoutant qu’une grande partie des jeunes n’ont plus espoir dans l’amélioration de leur sort, en dépit des promesses des autorités de la région, qui ont annoncé des projets générateurs d’emplois, en réponse à la grogne sociale. De son côté, Abderrahman Mandor, militant associatif local, pense que ce geste de migration collective des jeunes témoigne de la gravité de la situation économique de la ville de Fnideq. « Le couvre-feu, le confinement et la fermeture des frontières ont réduit drastiquement le revenu des familles dont la majorité vivent d’activités journalières et informelles », nous a-t-il expliqué, ajoutant que l’économie de Fnideq dépend cruellement de celle de Sebta. 

Le difficile retour à la vie normale: Malgré le plan préparé par le gouvernement pour revigorer l’activité économique dans la ville, cela ne suffit pas pour rassurer les habitants et notamment les jeunes, qui s’attendent à des emplois immédiats et des solutions instantanées. Dans ce contexte critique, les mesures de rafistolage ne servent à rien aux yeux d’Abderrahman Mandor qui estime que seul une intervention massive du gouvernement peut remédier au marasme actuel.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter (en français) le lien suivant.

Pour plus d’informations sur la migration du Maroc vers l’Europe au cours des 50 dernières années, une comparaison avec les pays de la région et l’encouragement d’une culture de l’émigration dans les années 1990, veuillez consulter (en anglais) le lien suivant.

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Enjeux historiques et géo-politiques

Dans cette section, nous plongeons dans les fondements historiques du conflit actuel, en nous penchant sur l’histoire des deux dernières enclaves « espagnoles » en Afrique du Nord, les coulisses du séjour du leader du Front Polisario Brahim Ghali en Espagne, qui fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice espagnole en novembre 2016, quelques mois après son arrivée à la tête du Polisario.

Ceuta et Melilla : l’histoire des deux dernières enclaves « espagnoles » d’Afrique du Nord

Quelle est l’histoire des villes de Ceuta et Melilla?

L’histoire de la chute des deux villes commence avec l’affaiblissement de l’émirat de Beni Al-Ahmar à Grenade au XVe siècle après JC, si bien que les Portugais occupent Ceuta en 1415, puis Melilla tombe entre les mains des Espagnols en 1497, et Ceuta est restée sous occupation portugaise jusqu’en 1580 lorsque l’Espagne a annexé le Royaume du Portugal.

Ceuta

Ceuta est située sur la côte marocaine à l’entrée de la Méditerranée au détroit de Gibraltar, et a une superficie de 20 kilomètres carrés, et elle compte actuellement 77 mille personnes. En raison de son emplacement stratégique, il a été contrôlé par les Romains en 42 après JC, et environ 400 ans plus tard, les Vandales ont expulsé les Romains de la ville. Plus tard, elle fut dominée par les Byzantins, puis les Goths d’Espagne.

Ceuta était la base de l’invasion islamique dirigée par Tariq ibn Ziyad de l’Espagne, lorsque son dirigeant gothique, Julian, a changé de position et a exhorté les musulmans à envahir l’Espagne. Après la chute du califat omeyyade, le chaos a régné jusqu’à ce que les Mourides en prennent le contrôle, et ils l’ont également pris comme base pour l’attaque de l’Andalousie en 1084.

Le changement de souveraineté sur la ville s’est poursuivi jusqu’à ce que les Portugais l’occupent en 1415, dirigés par le prince Henri la Mer, qui visait à éliminer l’influence des musulmans dans la région, puis la ville est devenue espagnole lorsque le roi d’Espagne, Philippe II, a assumé le trône du Portugal en 1580. Et après que l’Espagne eut reconnu l’indépendance du Portugal, par le traité de Lisbonne en 1668, ce dernier céda Ceuta à l’Espagne.

Après que le Maroc a obtenu son indépendance de l’Espagne et de la France en 1956, l’Espagne a conservé Ceuta, qui est une région autonome depuis 1995.

Melilla

Melilla est située dans l’est du Maroc, près de la frontière algérienne, au large de la côte sud de l’Espagne. Sa superficie dépasse 12 kilomètres carrés et compte actuellement 70 000 habitants. C’était à l’origine un château construit sur une haute colline, à 500 kilomètres de la côte espagnole, et il est donc plus influencé par la culture marocaine, et le nombre de Marocains qui y vivent est plus que ceux qui vivent à Ceuta.

Les forces espagnoles à Melilla ont été les premières à se rebeller contre le gouvernement de gauche à Madrid, pendant la guerre civile espagnole qui a éclaté en 1936 et a duré jusqu’en 1939.

Melilla est restée dans la province espagnole de Malaga jusqu’au 14 mars 1995, date à laquelle elle est devenue une région autonome.

Les musulmans des deux villes s’étaient révoltés en 1985 pour protester contre la « loi sur les étrangers », qui exigeait que tous les étrangers en Espagne fassent enregistrer leur nom auprès des autorités ou soient expulsés. 

Le taux de chômage des Marocains dans les deux villes est de plus de 30%, ce qui est parmi les plus élevés d’Espagne. Les deux villes attirent également des milliers de marchands et d’ouvriers des terres marocaines qui traversent quotidiennement la frontière depuis le Maroc pour gagner leur vie dans ces deux enclaves.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter (en Français) le lien suivant et pour plus d’informations sur l’histoire de Melilla et Ceuta veuillez consulter le lien suivant.

Pour plus d’information sur l’externalisation des politiques d’asile et d’immigrations européennes, veuillez consulter les liens suivants: ici et ici.

Affaire Brahim Ghali : “El País” publie de nouvelles révélations sur le séjour espagnol du chef du Polisario

La prise en charge du chef du Polisario dans un hôpital espagnol, demandée par Alger, a été analysée au plus haut niveau à Madrid, non sans quelques réticences. D’après “El País”, seules quelques réunions bilatérales entre le Maroc et l’Espagne ont depuis été suspendues.

Le titre choisi ne souffre d’aucune ambiguïté : « Une faveur à l’Algérie qui empoisonne les relations avec le Maroc ». Dans un article publié ce mardi 11 mai, le quotidien espagnol El País raconte les coulisses du transfert du leader du Front Polisario, Brahim Ghali, hospitalisé depuis fin avril à l’hôpital de San Pedro de Logroño, près de Saragosse.

Il aurait ainsi débarqué le 18 avril à la base aérienne de Saragosse, d’après le quotidien de référence en Espagne, là où Jeune Afrique, à l’origine des révélations, évoquait la date du 21 avril. Brahim Ghali serait arrivé en Espagne à bord d’un avion de la présidence algérienne.

Emmené sous escorte policière jusqu’à l’hôpital, El País confirme que Brahim Ghali s’est bien inscrit sous le nom d’emprunt d’un citoyen algérien — Mohamed Ben Battouche — « pour des raisons de sécurité ». Et de préciser : « Le dirigeant du Polisario, selon les sources consultées, est entré en Espagne avec son identité et son passeport diplomatique. »

Entre réticence et manque de temps

D’après El País, c’est Sabri Boukadoum, ministre algérien des Affaires étrangères qui en aurait formulé la demande aux autorités espagnoles lors de sa visite officielle à Madrid, début avril. Le chef de la diplomatie algérienne aurait « imploré » la prise en charge de Ghali en Espagne, ce dernier étant « gravement malade du Covid et en danger de mort », écrit le quotidien espagnol.

« La délicate demande a été analysée au plus haut niveau et, malgré les réticences du ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, elle a reçu le feu vert ‘pour des raisons strictement humanitaires' »El País

« La délicate demande a été analysée au plus haut niveau et, malgré les réticences du ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, elle a reçu le feu vert ‘pour des raisons strictement humanitaires‘ » poursuit El País citant des sources diplomatiques. Le quotidien évoque également le “caractère stratégique” des relations espagnoles avec l’Algérie, premier fournisseur de gaz sur le marché espagnol.

La ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya, aurait prévu de le communiquer à son homologue marocain, Nasser Bourita, « mais l’affaire a éclaté avant qu’elle n’ait pu », écrit El País, citant des sources gouvernementales.

Des relations bilatérales ébranlées

Selon le quotidien, Madrid n’aurait pas non plus digéré que Rabat ne l’ait pas prévenu de la reconnaissance américaine de souveraineté sur le Sahara et du rapprochement marocain avec Israël, acté le 10 décembre 2020. Des annonces « qui ont surpris la ministre espagnole (des affaires étrangères, ndlr) en visite en Israël » les 9 et 10 décembre.

Pour l’heure, certaines réunions bilatérales « à caractère technique » entre Madrid et Rabat ont été suspendues, comme conséquence du refroidissement des relations. Cependant, « rien n’indique que les domaines les plus sensibles tels que la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine ou du djihadisme ont souffert » de cet épisode.

Quant à Brahim Ghali, il se remettrait du coronavirus et est convoqué devant le juge de l’Audiencia Nacional, la plus haute juridiction espagnole, pour être entendu. Confondu par la police, Brahim Ghali est poursuivi en Espagne, depuis 2006, pour délit de génocide, assassinats et tortures suite à une plainte déposée par trois Sahraouis ayant vécu dans les camps de Tindouf.

L’homme fait également l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice espagnole en novembre 2016, quelques mois après son arrivée à la tête du Polisario.

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Hospitalisation de Brahim Ghali : le Maroc “déplore” l’attitude de l’Espagne

Dans un communiqué sans équivoque, la diplomatie marocaine a dénoncé l’attitude de l’Espagne qui a accueilli le leader du Polisario, Brahim Ghali, pour “raisons humanitaires”. Ce dernier s’était rendu en Espagne pour raisons de santé.

Pour le Maroc, l’autorisation accordée par les autorités espagnoles est un « acte contraire à l’esprit de partenariat et de bon voisinage » qui anime les relations entre les deux pays. D’autant que pour la diplomatie marocaine, la décision de Madrid suscite une « incompréhension » et des « interrogations » qui sont listées dans ce communiqué :

– Pourquoi le dénommé Brahim Ghali a-t-il été admis en Espagne en catimini et avec un faux passeport ?
– Pourquoi l’Espagne a-t-elle jugé utile de ne pas en aviser le Maroc ?
– Pourquoi a-t-elle a opté pour son admission sous une fausse identité ?
– Pourquoi la justice espagnole n’a-t-elle pas encore réagi aux nombreuses plaintes déposées par les victimes ?

Au-delà des questionnements, le communiqué révèle également que l’ambassadeur d’Espagne à Rabat a été convoqué par la diplomatie marocaine pour s’expliquer « sur l’attitude de son gouvernement ».

Le leader du Polisario Brahim Ghali a été admis en soins le 21 avril dans un hôpital de Logroño, non loin de Saragosse, en Espagne. Le 23 avril, la cheffe de la diplomatie espagnole Arancha González Laya avait affirmé que la décision prise par Madrid d’accueillir le leader séparatiste, « n’empêche ni ne perturbe en rien » les relations avec le Maroc, et ne changera pas le « traitement privilégié » avec le pays voisin.

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Lois, accords et pratiques à la frontière

Dans cette section, nous vous donnons un bref aperçu des principaux accords entre l’Espagne et le Maroc et des lois applicables aux frontières pour les migrants et les mineurs.

Les enfants dans les procédures frontalières et d’asile : Le refoulement des enfants migrants à la frontière

Situation géographique : Les enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta sont situées au nord du continent africain et, malgré leur situation, font partie du Royaume d’Espagne. Les deux villes partagent la seule frontière terrestre directe d’un pays de l’UE avec l’Afrique, plus précisément avec le pays du Maroc en Afrique du Nord.

L’ensemble de cette frontière hispano-marocaine est protégé par une structure de clôture en fil de fer barbelé sur le territoire espagnol. (Centre européen pour les droits constitutionnels et les droits de l’homme, 2018). La construction et donc la protection de la seule frontière terrestre Afrique-UE contre la migration irrégulière a commencé en 1990 et a été améliorée en hauteur et en surveillance technique au fil des années, ce qui a coûté à l’Espagne plusieurs centaines de millions d’euros (une partie de ce montant étant les fonds de l’UE) (Amnesty International, 2015).

Situation juridique

Cadre juridique national : Jusqu’à la fin de l’année 2014, l’Espagne ne disposait pas de procédures légales et accessibles pour demander l’asile à la frontière et n’avait pas de base juridique pour la procédure de refoulement mise en œuvre, car elle reposait sur des protocoles la légitimant, mais ne la légalisant pas.

Le 1er avril 2015, l’amendement à la loi organique espagnole 4/2015 a été adopté par l’ajout de la dixième disposition additionnelle sur le régime spécial de Ceuta et Melilla qui fournit une base juridique pour les « push-backs ». Cette Dixième disposition additionnelle permet aux agents frontaliers de rejeter « les ressortissants étrangers qui sont détectés sur la ligne frontalière de la démarcation territoriale de Ceuta ou Melilla alors qu’ils tentent de surmonter les éléments de confinement frontalier pour franchir la frontière de manière irrégulière […] afin d’empêcher leur entrée illégale en Espagne » (Loi organique Loi 4/2015, Dixième disposition additionnelle).

En dehors d’une référence générale aux normes internationales en matière de droits de l’homme et de protection internationale, le régime spécial de Ceuta et Melilla ne prévoit aucune disposition spécifique mettant en œuvre ou exigeant un traitement différencié des enfants et reconnaissant leur vulnérabilité unique, même en cas d’entrée irrégulière sur le territoire espagnol.

Accords de réadmission hispano-marocains : En 1992, les accords de réadmission entre le Maroc et l’Espagne ont créé un accord bilatéral de coopération pour la réadmission des migrants entrant irrégulièrement du Maroc en Espagne. Ces accords ont fait du Maroc le gardien de la frontière extérieure de l’Europe. La procédure de réadmission, inscrite dans les articles 1 à 5 des accords, prévoit que l’Espagne peut demander officiellement au Maroc de réadmettre les migrants sur son territoire lorsque ces personnes y entrent de manière irrégulière. En outre, l’accord de réadmission ne prévoit pas de dispositions reconnaissant la vulnérabilité des enfants et obligeant les États à mettre en œuvre des mesures appropriées pour sauvegarder et protéger cette vulnérabilité.

Les enfants migrants à la frontière

Accès à la protection des migrants: En raison de l’absence de centres d’accueil officiels et établis pour les demandeurs d’asile, de nombreux enfants migrants résident dans des camps et des établissements informels au Maroc (Human Rights Watch, 2014). La majorité des enfants dans ces camps sont d’origine subsaharienne, car le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) décrit l’accès aux procédures de demande de protection internationale légales et sûres établies pour ces personnes comme effectivement impossible (HCR, 2018). Les autorités marocaines contrôlent l’accès aux bureaux d’asile légaux à la frontière. Le HCR a publié qu’au cours de la période entre 2014 et 2017, seuls 35 individus d’origine subsaharienne (contre 11.150 individus d’origine moyen-orientale et nord-africaine) ont demandé l’asile (HCR, 2018).

Cette inaccessibilité des procédures frontalières régulières conduit les enfants d’origine subsaharienne à contourner les procédures existantes et à s’approcher de la frontière de manière irrégulière en espérant déclencher la responsabilité juridictionnelle de l’Espagne et par conséquent l’obligation d’évaluer leur besoin de protection (Conseil européen sur les réfugiés et les exilés, 2020). Si on les compare aux itinéraires réguliers, les itinéraires irréguliers sont très dangereux et s’accompagnent d’un risque élevé pour la vie et le bien-être de ces personnes (La Sexta, 2020).

Accès à la protection de l’enfance: Le gouvernement marocain ne fait pas de distinction entre les groupes particulièrement vulnérables, notamment les enfants, malgré la ratification de la CDE (Human Rights Watch, 2014). Les autorités marocaines, représentées par les Forces auxiliaires marocaines (MAF), exposent sans discernement les enfants installés dans les camps informels à des violences régulièrement (Human Rights Watch, 2014).

Selon le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH), ce traitement des enfants qui résident dans les campements informels proches des villes de Nador et d’Oujda s’apparente en soi à des mauvais traitements et à une violation de l’interdiction de la torture et des traitements inhumains et dégradants (HCDH, 2018). En outre, le Comité des droits de l’enfant s’inquiète de la mise en œuvre des garanties procédurales consacrées par le principe de  » l’intérêt supérieur de l’enfant « , de l’accès aux soins de santé, de la détérioration des conditions sanitaires des enfants dans les centres d’accueil pour migrants et de l’arrestation et de la détention d’enfants réfugiés et demandeurs d’asile (Comité des droits de l’enfant, 2014).

Les retours en arrière de l’Espagne (Hot Returns): « Les retours à chaud » ou ce que l’on appelle les « Push backs » décrivent les expulsions de facto et sans aucune garantie procédurale ni protection de toute personne qui entre irrégulièrement dans un pays. Notamment, « les expulsions sans aucune évaluation individuelle des besoins de protection sont devenues un phénomène documenté aux frontières de l’Europe, ainsi que sur le territoire des États membres plus à l’intérieur. Comme ces pratiques sont répandues, et dans certains pays systématiques, ces « push backs » peuvent être considérés comme faisant partie des politiques nationales plutôt que comme des actions incidentes. Le risque le plus élevé lié aux « push backs » est le risque de refoulement. » (Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, 2019).

Procédure mise en œuvre : « La Guardia Civil m’a expulsé deux fois. Il n’y avait aucune possibilité de donner une interview ou mon histoire. Ils ne demandent pas votre âge ou quoi que ce soit, ils vous expulsent simplement. La Guardia Civil m’a remis aux militaires marocains qui m’ont frappé avec du bois partout [sur mon corps]. »

Les individus sont détenus sans distinction, souvent violemment, et à travers les portes et les portails de la structure de clôture, repoussés sur le territoire marocain ou remis aux forces de sécurité marocaines qui utilisent fréquemment une violence excessive (Human Rights Watch, 2014). Ces expulsions sont effectuées sans aucun enregistrement ni évaluation de l’identité et des vulnérabilités du migrant, car les autorités espagnoles ne considèrent pas ces individus sur leur territoire et dans leur juridiction (Human Rights Watch, 2014).

Les autorités espagnoles appliquent une interprétation opérationnelle des frontières, qui donne la possibilité de déplacer la démarcation de la frontière avec la ligne de position des agents frontaliers. En raison de cette interprétation, l’Espagne exige que les individus franchissent physiquement la ligne des agents frontaliers pour prétendre légalement être présents sur le territoire espagnol (Human Rights Watch, 2014).

Cette conception permettrait aux autorités espagnoles de déplacer la ligne de démarcation au cas par cas (Jesuit Migrant Service, n.d.) et nie toute responsabilité juridictionnelle pour les migrants, qui, en traversant la frontière territoriale, sont physiquement présents sur le territoire espagnol et sont sous le contrôle effectif des autorités espagnoles (Committee on the Rights of the Child, 2019). Cette conception de la compétence est contraire au concept universellement accepté et contraignant de la compétence, que la Cour européenne des droits de l’homme a défini dans sa jurisprudence comme l’exercice d’un contrôle effectif sur une personne ou un territoire – de facto ou de jure (Al-Skeini et autres c. Royaume-Uni, 2011).

Avis du Comité des droits de l’enfant: Dans son avis consultatif sur D.D. c. Espagne en 2019, le Comité des droits de l’enfant a exprimé que la procédure susmentionnée mise en œuvre par l’Espagne à la frontière avec le Maroc constitue une violation des articles 3, 20 et 37 de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (la Convention) (Comité des droits de l’enfant, 2019).

D.D. est un citoyen malien né le 10 mars 1999. Le 2 décembre 2014, il est arrivé en Espagne en tant qu’enfant non accompagné. Après sa tentative irrégulière de franchir la frontière en escaladant la structure de la clôture et en se traînant pendant plusieurs heures sans recevoir aucune assistance des autorités espagnoles, il a été arrêté et immédiatement renvoyé au Maroc sans aucune assistance juridique et linguistique préalable, sans évaluation initiale de son statut d’enfant non accompagné, sans contrôle d’identité, sans entretien ni aucune évaluation de sa situation personnelle spécifique et de ses vulnérabilités (Comité des droits de l’enfant, 2019).

Dans son avis consultatif, le Comité souligne qu’un État partie  » a l’obligation de ne pas renvoyer un enfant dans un pays où il y a des motifs sérieux de croire qu’il existe un risque réel de préjudice irréparable pour l’enfant  » (Comité des droits de l’enfant, 2019). Dans le cas de D.D., les autorités espagnoles, en n’évaluant pas l’identité, les circonstances personnelles et les vulnérabilités ainsi que le risque de persécution et de préjudice irréparable, n’ont pas respecté une telle obligation (Comité des droits de l’enfant, 2019).

En outre, compte tenu des circonstances susmentionnées auxquelles un enfant migrant est confronté dans la zone frontalière, des mauvais traitements et des violences, et de la manière dont D.D. a été expulsé, étant détenu sans être entendu, l’Espagne a violé les articles 3 et 37 de la Convention. L’absence de contrôle d’identité et d’évaluation de sa situation viole les articles 3 et 20 de la Convention (Comité des droits de l’enfant, 2019). Malgré cet avis adopté par le Comité des droits de l’enfant et l’obligation découlant de l’article 11 du Protocole facultatif de 2014 relatif à une procédure de communication, l’Espagne n’a pas encore modifié la procédure mise en œuvre et continue de violer le droit de l’enfant de manière systématique dans la procédure à la frontière (Comité des droits de l’enfant, 2019).

Le dernier rapport bien documenté d’un refoulement à la frontière hispano-marocaine a été confirmé en janvier 2020, lorsque 42 individus, dont deux enfants, en mauvais état de santé ont été repoussés sans discernement des îles Chafarinas espagnoles vers le port marocain de Ras El Ma par la Garde civile (Cadenaser, 2020). Le gouvernement espagnol a désavoué ce refoulement malgré des preuves concluantes et décisives du contraire sous forme de photos et de localisations GPS. Le gouvernement a publié ce repli comme une mission de sauvetage par les autorités marocaines sans aucune implication de la Guardia Civil.

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Événements de Ceuta, Mai 2021: Fil d’actualités

17 Mai, 2021

Un millier de Marocains gagnent Ceuta à la nage [mise à jour]

Environ un millier de migrants marocains ont réussi à entrer dans la ville, dont plusieurs femmes et enfants. Selon des sources de la délégation du gouvernement à Ceuta, citées ce lundi soir par EFE. Il s’agit notamment de 300 Marocains qui peuvent être mineurs, en attendant l’achèvement des tests effectués par les autorités espagnoles. Celles-ci ont déclaré à l’agence espagnole qu’il s’agit de « l’un des jours de migration les plus critiques auxquels la ville a été confrontée ces dernières années » ; le nombre de migrants ayant dépassé la capacité d’accueil de l’entrepôt industriel de Tarajal où ils doivent être maintenus en quarantaine à cause du Covid-19.

Plus tôt dans la journée, l’agence Europa Press, a expliqué que les migrants marocains ont accédé irrégulièrement à Ceuta pendant la nuit et les premières heures de ce lundi, en longeant les brise-lames de la frontière maritime. Citant des sources policières espagnoles, l’agence a évoqué « la passivité » des forces de sécurité marocaines qui n’auraient « rien fait pour arrêter » ces migrants.

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18 Mai, 2021

Ceuta-des milliers de migrants renvoyés au Maroc, l’armée déployée à la frontière

Après l’arrivée, lundi, de près de 6 000 migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, la tension est à son comble dans le nord du Maroc. Les autorités espagnoles ont déployé des militaires à la frontière entre les deux pays. Elles ont dans le même temps expulsé 2 600 personnes débarquées la veille dans l’enclave.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a promis, mardi 18 mai, de « rétablir l’ordre » à Ceuta après l’afflux la veille de quelque 6 000 migrants dans l’enclave espagnole depuis le Maroc voisin. Mardi matin, des centaines d’exilés continuaient de se diriger vers le territoire espagnol à la nage ou à pieds, le long de la mer. Les arrivées se poursuivent « mais à un rythme inférieur à hier (lundi) », a indiqué à l’AFP le chef du gouvernement, sans fournir de chiffres précis.

L’Espagne a pourtant déployé mardi matin l’armée à sa frontière avec le Maroc. Des soldats effectuent des patrouilles aux côtés de la police espagnole aux abords du territoire et à l’intérieur de Ceuta pour maintenir l’ordre dans les rues de la ville.

e Maroc a également renforcé son dispositif de surveillance aux premières heures du jour autour du poste frontière de Fnideq, ville limitrophe de Ceuta. Les forces de l’ordre marocaines ont utilisé des gaz lacrymogènes et des armes non létales pour disperser la foule réunie qui tentait d’entrer dans l’enclave, ont constaté des journalistes de l’AFP.

2 700 migrants expulsés

Dans le même temps, le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a annoncé mardi que 2 700 migrants – sur les 6 000 débarqués la veille – avaient été expulsés vers le Maroc et que ces renvois se poursuivaient. Un accord signé entre Madrid et Rabat permet en effet aux autorités espagnoles de renvoyer les Marocains arrivés illégalement dans l’enclave.

À leur arrivée à Ceuta, les migrants ont été transférés dans un stade « en vue de procéder à leur expulsion », a précisé la préfecture de la localité.

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Environ une centaine de Subsahariens entre à Melilla 

Après Ceuta, Melilla connait à son tour l’arrivée de migrants. Vers 3h45 (heure marocaine), environ 300 Subsahariens ont tenté d’entrer dans la ville depuis le port de Béni N’Sar, indique El Faro de Melilla. Quelques heures auparavant, le président de la ville, Edouardo de Castro a annoncé qu’il a, en effet, « ordonné à la police locale d’interdire l’accès des véhicules par Paseo del Dique Sur (au sud de la ville, ndlr) pour faciliter son contrôle par les forces de sécurité de l’Etat ».

L’intervention des forces publiques marocaines et espagnoles ont empêché environ 200 personnes d’escalader la clôture, ajoute la même publication citant des « sources à la Délégation gouvernementale ». Le bilan fait état de l’entrée de 85 hommes et d’une femme. Tous ont été immédiatement présentés aux services de la Croix-Rouge et ensuite transférés au centre de rétention des migrants.

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Crise Maroc Espagne – Rabat rappelle son ambassadrice à Madrid pour consultations

La mésentente entre Rabat et Madrid ne cesse de prendre de l’ampleur au fur et à mesure que le temps passe. La crise migratoire, qui secoue l’enclave de Sebta, a poussé la diplomatie espagnole à convoquer l’ambassadrice du Maroc en Espagne Karima Benyaich. Celle-ci a été reçue cet après midi par la ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzales Laya, pour élucider ce qui se passe aux enclaves de Sebta et Melila, envahies par des foules immenses de migrants en provenance des villes du nord du Royaume. Bien que l’Agence de Presse Espagnole EFE n’ait relayé que de bonnes paroles de la cheffe de la diplomatie espagnole qui se contentée de rejeter l’afflux des migrants gentiment, l’ambassadrice marocaine n’a pas manqué de faire savoir de manière abrupte et sans équivoque la position du Maroc dans la foulée de la crise diplomatique entre les deux pays. « Il y a des actes qui ont des conséquences et qu’il faut assumer », a-t-elle martelé dans une déclaration à la presse espagnole, ajoutant qu’il existe « des attitudes qui ne peuvent pas être acceptées ». 

Cet échange prompt entre les deux responsables est loin de calmer la brouille diplomatique entre Rabat et Madrid qui s’est déclenchée l’accueil de Brahim Ghali sur le sol espagnol par un passeport diplomatique algérien. Le Maroc n’a pas hésité à rappeler Karima Benyaich, peu de temps après son entrevue avec Arancha Gonzales Laya, selon des médias espagnols tels qu’El Païs ou El Mundo. une information confirmée par les sources diplomatiques marocaines.  

En tout cas, le gouvernement espagnol semble tempérer ses ardeurs malgré l’afflux des migrants, sachant que le Maroc continue d’assumer ses engagements dans la lutte contre la migration clandestine. Des patrouilles de la Gendarmerie et des forces auxiliaires ont été observées le long des frontières avec l’enclave Sebta pour empêcher les migrants d’y accéder.   

La cheffe de la diplomatie espagnole a exprimé le « désir » de son gouvernement de « regarder vers l’avenir » et « d’empêcher que de tels actes ne se reproduisent ». Toutefois, tant que l’affaire de Brahim Ghali n’est pas résolue, rien n’indique une embellie entre les deux pays voisins dans les jours qui viennent. 

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19 Mai, 2021

Sebta: la MAP sort de son silence pour dénoncer la “trahison” et la “schizophrénie” de l’Espagne

Après trois jours de silence autour des événements de Sebta, c’est sous la plume de son directeur, Khalil Hachimi Idrissi, que la MAP a décidé de rattraper son retard. Et de cingler à tout-va.

Ce qui est affligeant dans la crise maroco-espagnole, c’est que les Espagnols font, maladroitement, semblant d’être les victimes d’une situation de crise dont ils ne seraient pas responsables. « Ridicule ! », commence la tribune intitulée « Une petite leçon de choses », avant de revenir sur la chronologie des événements qui ont fait monter en tension les relations Maroc-Espagne.

Contacté par TelQuel le 18 mai pour comprendre les raisons du silence de l’agence de presse nationale tandis que 8000 personnes avaient déjà franchi, en moins de 24 heures, le poste-frontière de Tajaral, le directeur de Maghreb Arabe Presse, Khalil Hachimi Idrissi, assurait qu’il ne diffuserait des informations que « quand le gouvernement aura fini de régler sa position », arguant qu’ »on ne peut pas fabriquer une position tant qu’elle n’existe pas encore ».

Dans sa longue tribune, Khalil Hachimi Idrissi rappelle chronologiquement les faits, de l’hospitalisation de Brahim Ghali en Espagne à l’afflux de migrants dans l’enclave espagnole de Sebta, et ne manque pas de qualificatifs pour le comportement de nos voisins du nord.

L’information est sacrée, le commentaire est (très) libre

« Ils reçoivent, pour des raisons humanitaires disent-ils, un criminel de guerre — Brahim Ghali, chef d’un Polisario en guerre contre le Maroc — qui agit pour le compte de l’Algérie pour attaquer l’intégrité territoriale du Maroc, et qui plus est demandé par leurs propres juridictions. C’est quand même exceptionnel, souligne le directeur de la MAP. Avec la complicité de l’Algérie, on fait venir le criminel de guerre en question avec un vrai-faux passeport algérien au nom de Mohamed Ben Batouche, on l’installe à l’hôpital de Logroño et on espère que le secret sera bien gardé, surtout vis-à-vis des Marocains. »

Et de pointer la « naïveté confondante » de Madrid, en jouant la carte de l’ironie : « Nos amis espagnols doivent, au moins, nous expliquer l’intelligence de cette stratégie. Son bien-fondé géopolitique. Sa subtilité diplomatique. Sa quintessence en termes de partenariat, d’amitié et d’intérêts bien compris. »

« Une vraie trahison« 

« La quantité — comme disent nos amis ibériques — des relations sécuritaires entre le Maroc et l’Espagne est-elle si insignifiante pour passer par pertes et profits et être mise au second plan pour accueillir Mohamed Ben Batouche ? Il faut trouver le stratège émérite qui a accouché de cette idée pour lui remettre la médaille de l’idiot utile de l’année. C’est consternant », s’indigne le responsable de l’agence de presse nationale.

« Mais qu’attendent-ils du Maroc ? D’être un État sans charisme, sans légitimité, sans intérêts, sans fierté nationale ou sans histoire » Khalil Hachimi Idrissi, directeur de la MAP

Et d’élargir à l’Europe et son “charme rompu”, “des États membres sous perfusion d’euros sans aucune conscience de destin partagé”, capables de “rodomontades puériles en direction de pays tiers”. “Mais qu’attendent-ils du Maroc ? D’être un État sans charisme, sans légitimité, sans intérêts, sans fierté nationale ou sans histoire. Dire oui à Madrid et ses coups de mentons ridicules, dire oui à Bruxelles et ses subsides, dire oui à Berlin et à son complexe néocolonial avorté et puis quoi encore ?”, énumère Khalil Hachimi Idrissi.

Il serait suicidaire pour nous de continuer à faire un bout de chemin avec des gens qui ne sont pas loyaux, qui sont hypocrites, menteurs, qui te plantent un couteau dans le dos à la première occasion, qui sont incapables de construire une alliance stratégique équilibrée, fondée sur des intérêts bien compris. Il n’y a rien à faire. Il apparaît maintenant que cette voie est bouchée. L’affaire de Sebta est un retour du réel dans une relation fantasmée”, tranche-t-il.

“La schizophrénie est totale”

Des gouvernements d’honneur, par le passé, ont démissionné pour moins que cela. Mais là, c’est le règne de l’amateurisme, le temps de l’honneur est révolu. La mise en abîme est parfaite quand les Espagnols parlent de l’intégrité territoriale de l’Espagne quand il s’agit de Sebta. Leurs trémolos dans la voix sont touchants”, note Khalil Hachimi Idrissi, faisant allusion à la position floue de Madrid sur l’intégrité territoriale marocaine. “Quid de l’intégrité territoriale du royaume et de sa souveraineté sur ses provinces du Sud ? Non ! Pas de parallélisme en vue, pas de similitudes, pas de convergence ou pas de rapprochement d’idées. La schizophrénie est totale.

Et de conclure : “Le pauvre gouvernement de Pedro Sanchez fonce droit dans le mur en klaxonnant.

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Mustapha Ramid : “L’Espagne a favorisé le Polisario et l’Algérie”

Le ministre d’État chargé des droits de l’homme, Mustapha Ramid, s’est exprimé sur sa page Facebook au sujet des tensions entre le Maroc et l’Espagne. Pour lui, Madrid a fait preuve d’une attitude totalement irresponsable et inacceptable.

Mustapha Ramid est le premier membre du gouvernement à s’exprimer sur les tensions entre le Maroc et l’Espagne, au lendemain du déclenchement de la crise des frontières entre Fnideq et Sebta.

Le ministre d’État chargé des droits de l’homme estime que l’accueil par l’Espagne du chef du Polisario dans l’un de ses hôpitaux, sous une fausse identité, s’est fait au mépris du bon voisinage qui nécessite coordination et concertation. Pour lui, il s’agit d’un acte totalement irresponsable et inacceptable.

Mustapha Ramid se pose également la question de ce qu’attendait l’Espagne en accueillant le chef d’une milice qui porte les armes contre un pays voisin. Il s’étonne du caractère secret de cette opération et remet en question les intentions de l’Espagne qui a cherché à préserver l’identité de Brahim Ghali.

Il se demande par ailleurs comment aurait été la réaction de Madrid si c’était le Maroc qui avait fait une telle démarche. Pour lui, le constat est clair, l’Espagne a favorisé ses relations avec le Polisario et l’Algérie plutôt que le Maroc.

Il conclut sur le fait que le Maroc a fait beaucoup de sacrifices pour le bien de sa relation de voisinage avec l’Espagne, et que sa réaction face au non-respect de la réciprocité est tout à fait légitime.

Mustapha Ramid appelle ainsi Madrid à revoir sa politique de voisinage avec le Maroc et à faire preuve de respect.

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Ceuta: « l’Europe ne se laissera intimider par personne »

L’Europe « ne se laissera intimider par personne » sur le thème migratoire, a lancé mercredi le vice-président de la Commission européenne, Margaritis Schinas, à propos de l’afflux dans l’enclave espagnole de Ceuta de milliers de migrants en provenance du Maroc.

Dans une allusion très claire au Maroc, M. Schinas a affirmé, dans une interview à la radio publique espagnole, que l’Europe ne serait « pas victime de ces tactiques ».

« Ceuta, c’est l’Europe, cette frontière est une frontière européenne et ce qui se passe là-bas n’est pas le problème de Madrid, c’est le problème de tous » les Européens, a déclaré M. Schinas, qui s’exprimait en espagnol.

Bruxelles avait déjà exprimé mardi sa solidarité vis-à-vis de l’Espagne et appelé le Maroc, par la voix de la commissaire européenne Ylva Johansson, à empêcher les « départs irréguliers » depuis son territoire.

« Personne ne peut intimider ou faire chanter l’Union européenne », a encore dit M. Schinas, qui a rappelé qu’il y avait déjà eu « ces 15 derniers mois quelques tentatives de pays tiers (…) d’instrumentaliser » la question migratoire.

« Cela, nous ne pouvons pas le tolérer », a-t-il lancé, mentionnant nommément la Turquie.

Selon les derniers chiffres du gouvernement espagnol, près de 8.000 migrants sont entrés illégalement à Ceuta depuis lundi matin. Environ 4.000 ont déjà été refoulés vers le Maroc, d’après la même source.

Sur fond de crise diplomatique majeure avec le Maroc, liée à l’accueil en Espagne pour y être soigné du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, le gouvernement espagnol a répliqué mardi en convoquant l’ambassadrice marocaine pour lui exprimer son « mécontentement » face à l’arrivée de ces milliers de migrants.

Le Maroc a immédiatement rappelé son ambassadrice à Rabat « pour consultation ».

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L’Organisation marocaine des droits de l’homme appelle les autorités espagnoles à respecter l’accord d’asile

L’Organisation marocaine des droits de l’homme suit avec une grande inquiétude les événements connus par les deux villes occupées dans le nord du Royaume (Melilla et Ceuta notamment), qui ont éclaté depuis lundi dernier.

L’organisation a déclaré dans un communiqué dont une copie reçue par Shamspost: « Sur la base des rapports de ses membres à Tétouan, Tanger, Nador et Oujda, d’une part, et d’autre part, sur la base des films enregistrés par les citoyens, des immigrés, et des demandeurs d’asile à proximité ou au sein des deux villes, ainsi que des témoignages en direct, l’Organisation marocaine des droits de l’homme a enregistré la noyade d’un jeune homme dans les eaux de la mer bordant la ville de Fnideq. »

L’organisation a également enregistré, comme déclaré dans le rapport : « Des milliers de migrants, d’immigrants et de demandeurs d’asile ont été expulsés par l’armée espagnole ; on a aussi enregistré le recours à une violence excessive par l’armée espagnole, y compris les coups avec des bâtons, les coups de pied et même l’utilisation de gaz lacrymogène et de balles réelles, selon certains témoignages, en plus de pratiques qui dégradent la dignité humaine et l’expulsion d’un groupe de demandeurs d’asile malgré leur présentation à ce titre auprès du Croissant-Rouge espagnol…Des centaines d’enfants sont expulsés sans tenir compte de leur intérêt supérieur », a ajouté la communication. Le rapport a aussi souligné « le nombre restrain d’employés pour recevoir cette catégorie, les milliers de jeunes marocains, de migrants et d’immigrants de tout le Maroc qui ont afflué dans les villes du nord et l’utilisation des signaux non officiels pour approfondir les différences entre le Maroc et l’Espagne, voire l’Union européenne.

L’organisation a confirmé, selon la même communication, « sa désapprobation de ce que les autorités espagnoles ont fait concernant les demandes d’asile présentées par des Yéménites, des Syriens et des pays subsahariens qui souffrent de troubles politiques ». Il a appelé les autorités espagnoles à respecter la Convention de 1951 sur les réfugiés et à accepter les demandes du reste de ceux qui sont entrés dans les deux villes.
Et elle a appelé à la nécessité pour les autorités espagnoles de respecter l’intérêt supérieur de l’enfant, à la fois en ce qui concerne le traitement inhumain des enfants avec lesquels ils ont été traités ou en relation avec leur expulsion.

Les autorités marocaines des régions de Tanger-Tétouan, Al Hoceima et Al-Sharqia ont appelé à redoubler d’efforts pour trouver des solutions radicales pour les personnes affectées directement et indirectement par la contrebande des moyens de subsistance.

Pour de plus amples informations, veuillez consulter (en Arabe) le lien suivant. Pour voir quelques vidéos de la situation à la frontière, veuillez consulter ici et ici. (Disclaimer : les vidéos contiennent un contenu sensible que les spectateurs pourraient trouver choquant et inquiétant)

Espagne/Maroc : les migrants subissent des violences et sont utilisés comme des « pions » à la frontière de Ceuta

Des enfants battus par des gardes espagnols après que les portes de la frontière aient été ouvertes. L’affrontement semble être une « riposte » du Maroc au traitement médical d’un leader séparatiste en Espagne.

Les violations commises en Espagne sont aussi celles commises dans l’UE » – Virginia Álvarez

Amnesty International a dénoncé les mauvais traitements infligés aux migrants par les forces de sécurité et l’armée espagnoles à la frontière avec le Maroc, dans le territoire espagnol de Ceuta, situé en Afrique du Nord. De nombreuses personnes – dont des enfants – ont été victimes de violences de la part des forces de sécurité espagnoles, et ont notamment été jetées à la mer, après que le Maroc a ouvert ses frontières.

Des images vidéo récentes semblent montrer des gardes-frontières marocains faisant signe aux migrants de passer leurs contrôles à Ceuta. Plus de 8 000 personnes – dont environ 2 000 enfants non accompagnés – sont entrées à Ceuta depuis le Maroc. Dans de nombreux cas, elles ont fait l’objet d’expulsions collectives. Amnesty rappelle aux autorités qu’elles doivent veiller à ce que l’intérêt supérieur de l’enfant soit protégé dans tous les cas et que ces jeunes gens doivent pouvoir, le cas échéant, demander une protection internationale.

Environ 5 000 personnes auraient été collectivement expulsées vers le Maroc par les autorités espagnoles ces derniers jours. Les forces militaires espagnoles déployées à la frontière ont procédé à des retours collectifs et forcés, sans garanties, ce qui rend impossible l’identification des personnes vulnérables ou la garantie qu’elles reçoivent des informations adéquates ou une assistance juridique.

Il semble que les migrants soient utilisés comme des pions dans un jeu politique entre le Maroc et l’Espagne. Une publication sur Facebook du ministre marocain des droits de l’homme indique que l’ouverture de la frontière a été effectuée en « représailles » au traitement médical qu’un dirigeant du Polisario a reçu en Espagne, ce qui suggère que les autorités marocaines pourraient avoir utilisé les migrants dans le cadre d’un différend international.

Le Maroc a une longue expérience des violations des droits des migrants à cette frontière. Par le passé, Amnesty a recueilli des informations sur des raids illégaux, des arrestations et l’expulsion forcée de migrants dans des campements et des maisons près des frontières espagnoles vers le sud du Maroc.

Virginia Álvarez, responsable de la politique interne à Amnesty International Espagne, a déclaré :

« Nous ne pouvons pas accepter que des personnes, y compris des enfants, soient battues par les forces espagnoles. Les agents des services frontaliers ont certes apporté une aide d’urgence aux personnes, mais les abus ne peuvent être tolérés. Les autorités espagnoles doivent ouvrir une enquête approfondie et veiller à ce que les responsables rendent des comptes.

« Les dirigeants européens se sont empressés de soutenir l’Espagne et de dire que les frontières espagnoles sont des frontières de l’UE. Selon la même logique, les abus espagnols sont également des abus de l’UE. Nous appelons les dirigeants européens à ne pas fermer les yeux sur les abus qui se produisent aux frontières de l’UE. »

« Le Maroc joue avec la vie des gens. Il ne doit pas utiliser les gens, parmi lesquels ses propres citoyens, comme des pions dans un jeu politique. »

Pour de plus amples informations, veuillez consulter (en Anglais) le lien suivant.

20 Mai, 2021

Sebta : la ministre de la Défense espagnole accuse le Maroc “d’agression” et de “chantage”

Le gouvernement espagnol a haussé le ton ce 20 mai contre le Maroc, accusé d’“agression” et de “chantage” par la ministre de la Défense après l’arrivée de plus de 8000 migrants en début de semaine à Sebta.

L’afflux de ces migrants en provenance du Maroc voisin est “une agression à l’égard des frontières espagnoles, mais aussi des frontières de l’Union européenne”, a dénoncé Margarita Robles sur la radio publique en dénonçant un “chantage” de Rabat qu’elle accuse d’“utiliser des mineurs”.

Pour rappel, entre lundi et mercredi, ce sont environ 8000 candidats à l’émigration — un afflux sans précédent — qui ont rejoint l’enclave espagnole de Sebta, profitant d’un relâchement des contrôles frontaliers côté marocain, sur fond de crise diplomatique entre Madrid et Rabat.

Retour au calme

Le calme est revenu ce jeudi 20 mai après des heurts nocturnes ayant opposé des jeunes déterminés à rallier l’Europe à la police à la sortie de Fnideq, selon des journalistes de l’AFP.

Après une nuit agitée, les abords du passage frontalier étaient déserts jeudi matin. Côté espagnol, il n’y avait aucun mouvement sur la plage de Tarajal parcourue par les soldats espagnols et deux véhicules blindés, selon les journalistes des deux côtés de la frontière.

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Crise de Ceuta – Washington et Paris adoptent des positions équidistantes entre le Maroc et l’Espagne – Le Desk

Le Desk publie un article explorant les réactions de la France et des Etats-Unis aux événements de Ceuta. Contre toute attente, Paris a décidé de rester neutre : « Nous avons suivi avec attention les événements de Ceuta, qui nous rappellent l’importance et l’actualité de la question migratoire. Nous avons confiance dans l’action du gouvernement espagnol, qui bénéficie du soutien de l’ensemble de l’Union européenne, pour permettre un retour rapide à la normale à Ceuta », a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay le 19 mai.

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Des mineurs marocains arrivés à Ceuta passent leurs nuits dans la rue

La situation des mineurs marocains arrivés à Ceuta reste pour le moins préoccupante. Alors que certains sont répartis dans divers abris et bâtiments industriels de la ville, d’autres errent dans les rues de la ville sans argent ni nourriture et doivent parfois dormir dans des parcs ou d’usines abandonnées, écrit mercredi soir la chaîne espagnole Antena 3.

Certains parents ne savant pas ce que leurs enfants sont devenus depuis leur départ pour Ceuta, se sont approchés du poste frontière pour essayer de les voir. Les autorités espagnoles ont mis en place un numéro de téléphone spécial pour ceux souhaitant se renseigner.

Antena 3 ajoute que les mineurs arrivés à Ceuta ces trois derniers jours sont soumis à des tests contre le coronavirus, précisant que « certains d’entre eux ont été testés positifs » sans préciser leur nombre. Le gouvernement central et les communautés autonomes sont parvenus à un accord pour offrir environ 200 places aux mineurs migrants non accompagnés qui se trouvaient déjà à Ceuta avant l’arrivée massive de nouveaux mineurs.

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956512413 est le numéro de téléphone pour les familles qui recherchent les enfants marocains

956512413: C’est le numéro de téléphone qui a été mis en place à Ceuta pour que les familles marocaines qui recherchent des mineurs entrés dans notre ville puissent appeler, beaucoup d’entre eux sont rentrés sans en informer directement leurs familles.

Ce sera le service de protection de l’enfance de la ville autonome qui gérera cette tâche difficile, celle de regrouper les mineurs non accompagnés qui sont arrivés en masse à Ceuta ces trois jours avec leurs familles. Ils ne peuvent pas être rendus, comme cela se fait avec les adultes, et le débat est ouvert sur ce qu’il faut en faire, puisque notre ville ne peut ni assister ni soutenir une pression migratoire comme celle qui existe actuellement.

Ainsi, le processus est long et difficile, ces mineurs ne sont pas documentés et il est nécessaire de formaliser un regroupement avec des parents qui les réclament, de vérifier avec des documents que ce sont leurs enfants et de les remettre .

Il y a beaucoup de familles marocaines de l’autre côté de la frontière qui appellent Ceuta -institutions, ONG, particuliers, connaissances, médias…- pour savoir quelque chose sur leurs enfants. De nombreux mineurs sont partis pour la plage de Tarajal à l’insu de leurs parents, également encouragés par des amis ou des mensonges selon lesquels ils partaient pour une sorte d’aventure avec le risque que cela comporte.

Avec cela, le 956512413 est le numéro de téléphone officiel que ces familles doivent appeler pour savoir ce qui est arrivé à ces mineurs, dont les pères et les mères de l’autre côté de la frontière ne savent pas ce qui leur est arrivé. Il y a des témoignages répétés de désespoir de savoir où sont leurs enfants et ce numéro de téléphone est le point de départ pour commencer à donner des informations officielles, également dans le but d’une réunification.

Il faut rappeler que ce mercredi, une session extraordinaire du Conseil Territorial des Services Sociaux a eu lieu en raison de la crise migratoire que traverse Ceuta et que le Gouvernement de la Nation a proposé aux communautés d’accueillir environ 200 mineurs, sans préciser encore si cela sera finalement réalisé.

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Rabat n’accepte pas les tentatives de Madrid d’occulter la véritable origine de la crise 

L’Espagne a tenté ces derniers jours de détourner l’attention de l’opinion publique et s’est engagée dans des manœuvres visant à occulter la véritable origine de la crise maroco-espagnole, qui réside dans le fait que Madrid a préféré manigancer avec les adversaires du Maroc par rapport à une question fondamentale pour le Royaume et les Marocains, a indiqué le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita.

Les manœuvres espagnoles visent à faire des responsables de cette crise des victimes, a précisé le ministre dans une déclaration à la MAP, rappelant que s’il y a crise entre le Maroc et l’Espagne, c’est parce que Madrid a jugé, de manière souveraine, de manœuvrer avec les ennemis du Royaume et d’accueillir sur son territoire quelqu’un qui « fait la guerre au quotidien au Maroc ».

L’Espagne a agi à cet égard d’une manière qui suscite beaucoup d’interrogations vis-à-vis d’un État voisin respectable, en acceptant d’entrer dans toutes ces manigances, a-t-il poursuivi, ajoutant que le début de la crise remonte au 17 avril et que depuis, l’Espagne et sa justice ont préféré regarder ailleurs par rapport à la présence sur le territoire espagnol de quelqu’un accusé de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité et de crimes de viol et de violations graves des droits de l’homme allant jusqu’à lui fournir une fausse identité.


Toutes les manœuvres espagnoles pour détourner l’attention des véritables origines de cette crise « ne trompent personne, en tout cas ne trompent pas et n’impressionnent pas le Maroc », a indiqué le ministre.

Bourita a indiqué, dans ce cadre, que les autorités espagnoles « doivent d’abord être transparentes avec leur propre opinion publique et avec leurs propres forces vives », soulignant que ce n’est pas à coup de reportages et d’insultes et de bombardement médiatique qu’on occultera cette réalité.

« Le Maroc continuera à demander des clarifications et continuera à considérer que c’est le fond de la crise », a-t-il insisté, notant que la logique de l’humanitaire ne trompe plus personne.

L’humanitaire n’a jamais dicté qu’on passe par la manigance. L’humanitaire ne se fait pas en cachette, a estimé Bourita, qui a appelé l’Espagne à reconnaitre et à assumer « ses graves attitudes » et à éviter « le double langage ». « Le Maroc ne procède pas au chantage, le Maroc est clair par rapport à ses positions, ses actions et son attitude », a expliqué Bourita.

Le ministre a condamné « l’hostilité médiatique inédite » lancée en Espagne contre le Maroc. « On assiste à une instrumentalisation et une mobilisation de tous les médias avec des termes choquants et inacceptables venant parfois de hauts responsables », a-t-il noté. Les termes utilisés dans cette campagne, comme « chantage », « agression » ou encore « pays sous-développé », montrent que « certains milieux en Espagne doivent mettre à jour leurs connaissances sur le Maroc », a-t-il relevé.

« Le Maroc d’aujourd’hui n’est pas le Maroc d’hier. Le Maroc n’a pas de complexe », a dit le ministre, précisant que l’agressivité médiatique de ces derniers jours montre que c’est en Espagne qu’il y a un complexe à l’égard du Maroc.

Fier de ses réalisations, le Maroc est un pays en voie d’émergence et l’Espagne le sait, a indiqué Bourita, précisant que ce sont « ces réflexes du passé qui se révèlent aujourd’hui et qui montrent ce décalage entre le Maroc dans l’imaginaire espagnol et le Maroc réel ».

Certains en Espagne, a-t-il dit, n’arrivent pas à admettre que le Royaume a préservé sa stabilité et a assuré son progrès économique et son développement social par les réformes menées sous la conduite de Sa Majesté le Roi.

« Il est temps de clarifier tout cela et que l’Espagne définisse ce qu’elle veut de ce partenariat », a indiqué Bourita.

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Crise diplomatique : L’ambassadrice du Maroc ne reviendra pas à Madrid, prévient Bourita

L’ambassadrice du Maroc en Espagne, Karima Benyaich, appelée par le royaume cette semaine pour consultations, « ne reviendra pas tant que les causes de la crise perdureront » entre le Maroc et l’Espagne, a déclaré ce jeudi le chef de la diplomatie marocaine. Nasser Bourita, qui animait une rencontre restreinte avec la presse, a évoqué l’accueil, par Madrid, du secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, « dans des conditions indignes d’un Etat de droit » et sa non-comparution devant la justice espagnole, écrit l’agence espagnole EFE.

Lors de cette première réaction officielle du Maroc, le ministre des Affaires étrangères a indiqué que cette vague était due « à un contexte de fatigue de la police marocaine après la fin des festivités du Ramadan » mais aussi à « l’inaction totale de la police espagnole » qui, selon lui, se déploie à raison d' »un policier pour cent agents marocains dans les zones frontalières ».

Par ailleurs, le chef de la diplomatie marocaine a regretté à plusieurs reprises « la campagne d’hostilité » dans les médias espagnols, publics et privés, contre le Maroc. « L’attaque médiatique espagnole contre le Maroc sur la base de fake news ne peut cacher la véritable cause de la crise, qui est l’accueil par Madrid du chef de la milice séparatiste avec une fausse identité », a-t-il ajouté au micro de la MAP. Il a noté, dans ce sens, que « les discussions sur le faible développement du Royaume trahissent les vieilles perceptions du voisin du nord », rappelant que e Maroc a réalisé des taux de croissance stables malgré la crise.

Bourita a assuré que « le Maroc n’accepte pas la dualité de la rhétorique et des positions de Madrid » qui doit « se rendre compte que le Maroc d’aujourd’hui n’est pas celui d’hier ». « Certains cercles en Espagne doivent rafraîchir leur vision du Maroc », a-t-il martelé, en appelant Madrid à « faire preuve de transparence vis-à-vis de l’opinion publique espagnole ».

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21 May, 2021

Ceuta : Soupçonnée de crime présumé, une journaliste de Chouf TV arrêtée puis relâchée

Journaliste du site marocain Chouf TV, Fatima Zahra Rajmi a été relâchée en fin de journée ce vendredi par la police espagnole de Ceuta, qui a interpellé la femme après sa présence dans l’enclave pendant plusieurs jours. Elle couvrait la situation frontalière, dans le contexte de l’arrivée massive de plusieurs milliers de personnes depuis le Maroc. Selon le média local espagnol El Faro de Ceuta, son interpellation s’est faite sur ordre du tribunal pénal d’Almeria. Elle a été transférée à cette juridiction pour être informée de la suspension d’une décision rendue à son encontre. Après quoi, elle a été remise en liberté.

Plus tôt dans la journée, la Garde civile espagnole a arrêté la journaliste. Selon le même média, Fatima Zahra Rajmi, qui porte la nationalité espagnole, «répandait des mensonges» qui auraient irrité les habitants de la ville. Le site d’information local a ajouté que la journaliste n’aurait pas été arrêtée en raison de sa couverture des événements, mais parce qu’«elle était recherchée par un tribunal espagnol, car soupçonnée d’être impliquée dans un crime» présumé.

La même source a rapporté qu’avant son arrestation, la journaliste se serait rendue à divers endroits de Ceuta, au cours des derniers jours. Elle aurait interviewé de nombreux migrants, «diffusé des mensonges» et «remis en question le comportement des forces de sécurité espagnoles ainsi que leurs services».

Lors de sa couverture des événements, Fatima Zahra Rajmi aurait laissé entendre que les agents espagnols auraient «violé des femmes» marocaines. Elle a qualifié à maintes reprises l’enclave de ville occupée, ce qui semble avoir irrité les responsables espagnols locaux, avance ChoufTV. Sur les réseaux sociaux, des appels à sa remise en liberté ont été lancés.

Au Maroc, le SNPM monte au créneau

Pour sa part, le Syndicat national de la presse marocaine a indiqué que l’interpellation a eu lieu quand la journaliste s’apprêtait à quitter l’enclave en direction d’Algésiras, pour couvrir un sit-in tenu devant le consulat du Maroc. Lors de cette opération marquée par un important déploiement des forces de l’ordre, selon le SNPM, Fatima Zahra Ajmi a été menottée et conduite vers un poste de police, puis placée en garde à vue.

Bien que les médias espagnols lient son arrestation à une enquête n’ayant pas de rapport avec sa couverture, le SNPM soutient le contraire dans son communiqué. Il évoque notamment l’utilisation du qualificatif de ville occupée et son choix de mettre l’accent sur les abus de la police espagnole à l’égard des migrants. Le syndicat a contesté une «arrestation arbitraire qui reflète l’étroitesse des autorités coloniales envers quiconque dénonce les graves violations et exactions commises par les forces de sécurité et les éléments de l’armée espagnole à l’encontre du droit des personnes qui entrent dans la ville marocaine occupée».

Tout en exigeant la remise en liberté de la journaliste, le SNPM a souligné «le manque de respect de la liberté de la presse et d’expression par ces autorités et la restriction au travail des journalistes, de peur de dénoncer les violations systématiques des droits des personnes, y compris des mineurs».

Avant l’annonce de la remise en liberté, le SNPM a informé avoir abordé le cas de la journaliste auprès de la Fédération internationale des journalistes pour soutenir sa demande de libération. Il a ajouté se préparer à contacter aussi les syndicats de presse espagnols pour rejoindre cette campagne.

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Un groupe de jeunes marocains réussit à s’introduire à Melilla

Un groupe de marocains ont tenté à plusieurs reprises d’accéder à Melilia dans la nuit de jeudi à vendredi. Les éléments de la Guardia Civil espagnole ont répondu avec violence contre ces migrants, notamment en jetant des bombes lacrymogènes vers la frontière marocaine, a constaté une ONG locale. 

Selon l’Association marocaine des droits de l’Homme section Nador, une dizaine de Marocains ont réussi à s’introduire vers la ville limitrophe de Melilla.

« Malgré le dispositif de sécurité engagé du coté marocain et espagnol des dizaines ont pu accéder à Melilla parmi eux des Marocains qui ont rejoint leurs famille à l’intérieur de Melilla », indique l’ONG dans une publication sur son compte Facebook.

Elle a également fait part d’affrontements entre les forces de sécurité marocaines et les jeunes migrants, notamment à Barrio Chino.

« Une longue nuit de tentatives à la frontière avec Melilla. Des groupes de marocains ont opéré plusieurs tentatives de traverser la barrière à Mari ouari, Farkhana, Bario Chino et Béni Ensar », indique à ce titre l’ONG basée à Nador.

L’association de défense des droits de l’Homme a par ailleurs alerté sur des « actes de violences de la guardia civiles contre ces jeunes », en affirmant que les forces de l’ordre espagnoles ont fait usage de « gaz lacrymogène lancé même au delà de la barrière » faisant frontière entre les deux villes.

Dans une publication plus tôt dans la soirée, l’AMDH section Nador a partagé les témoignages recueillis sur les événements enregistrés vers 1 heure du matin près du poste frontalier Mari Ouari.

Ce « n’était pas une tentative sérieuse de traverser la barrière vers Melilla par la population de Mari Ouari », indique l’ONG, notant qu’il s’agissait d’un rassemblement d’une dizaine de jeunes marocains dans ce quartier limitrophe et qu’aucun d’eux n’a sauté la barrière.

« Les autorités de Melilla ont activé le système de vigilance, ce qui a poussé la population à sortir pour observer ce qui se passe de l’autre côté de la barrière », ajoute l’AMDH

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Karima Benyaich: Si Ghali est exfiltré par l’Espagne, cela provoquera une aggravation de la situation

Dans un communiqué lu, ce vendredi 21 mai, au ministère des Affaires étrangères, l’ambassadrice a souligné que ce qui se passe avec Ghali « est un test pour l’indépendance de la justice espagnole, en laquelle nous avons pleinement confiance », mais aussi un autre test pour savoir si l’Espagne « opte pour renforcer ses relations avec le Maroc ou préfère collaborer avec ses ennemis ». 

Pour l’ambassadrice Karima Benyaich, « l’Espagne a malheureusement opté pour l’opacité, en agissant dans le dos du Maroc, accueillant et protégeant ce criminel et bourreau, en utilisant des raisons humanitaires comme prétexte et portant ainsi atteinte à la dignité du peuple marocain ».

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Espagne : Le médecin algérien qui accompagne Brahim Ghali est décédé en 2010

Quatre semaines après l’hospitalisation de Brahim Ghali en Espagne, des médias ibériques se sont s’intéressé au médecin algérien qui accompagne le chef du Polisario. Selon les documents officiels présentés à l’administration de l’hôpital San Pedro à Logroño, son nom est Mohamed Seghir Nekkache, exerçant à l’hôpital militaire d’Alger (Aïn Naaja). Fait troublant : la personne en question est décédée en 2010, révèlent El Independiente et El Confidencial.

Le docteur Nekkache, premier ministre de la Santé de l’Algérie indépendante, était très apprécié par les officiels algériens. Le 1er novembre 2002, à l’occasion du 48ème anniversaire de l’indépendance du pays, il avait reçu une attestation et la médaille du mérite, remises par l’ex-ministre de la Santé Abdelhamid Aberkane. En 2010, à l’occasion de son décès à l’âge de 92 ans, l’ancien président Abdelaziz Bouteflika avait adressé à la famille du défunt un message de condoléances.

Ce faux docteur «Nekkache» était présent, le 11 mai, lors de la présentation par la police espagnole à Brahim Ghali d’une nouvelle convocation du juge d’instruction de l’Audience Nationale. Le chef du Polisario a insisté pour qu’une copie soit remise au médecin algérien qui l’accompagne depuis son hospitalisation à Logroño.

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22 Mai, 2021

Décès d’un Marocain à Ceuta : une association exige une enquête

Le corps d’un jeune marocain qui tentait de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta a été repêché en mer jeudi dernier. L’Observatoire nord des droits de l’Homme (ONDH) demande l’ouverture d’une enquête.

Saber Azouz, un jeune marocain de 20 ans est mort en mer. Selon sa famille, « des traces de sang ont été retrouvées sur ses vêtements », indique l’Observatoire nord des droits de l’Homme (ONDH) dans un communiqué publié sur sa page Facebook, réclamant « que soit élucidé le meurtre délibéré de ce migrant sans défense ». Selon l’association, les forces espagnoles sont les auteures présumées de ce meurtre. Aux yeux de l’ONDH, le Maroc est « responsable de ne pas assurer une vie décente à ses citoyens » et d’avoir « exploité la migration à des fins politiques », rapporte l’AFP.

Plus de 8000 personnes, dont 2700 mineurs ont franchi la frontière qui sépare le Maroc de l’enclave espagnole de Ceuta entre lundi et mardi. Plus de 6000 ont été expulsés vers le Maroc. Une crise migratoire aux airs de représailles de la part des autorités marocaines. Depuis l’admission d’urgence du secrétaire général du Polisario, Brahim Ghali dans un hôpital de Logroño, sous le nom d’emprunt de Mohamed Ben Battouche, de nationalité algérienne, les tensions sont montées d’un cran entre les deux pays. 

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Des Marocains jetés à la mer par des militaires espagnols 

Battus et jetés à l’eau, plusieurs migrants arrivés à Sebta ces derniers jours, ont eu droit à un traitement « inhumain ». Une vidéo, publiée le 18 mai sur les réseaux sociaux montre des soldats espagnols poussant violemment à la mer.

Depuis quelques jours, des médias ont fait part, sans apporter la preuve, que les migrants, surtout mineurs ont été violentés par les soldats espagnols. La vidéo soumise est extraite d’un reportage vidéo diffusé le 18 mai 2021 par le journal local El Faro de Ceuta. Les images sont donc bien actuelles et montrent l’intervention de l’armée et des policiers de la garde civile espagnole, qui tentent de contrôler la frontière que des milliers de migrants, principalement marocains, ont franchie depuis le début de la semaine.

Ce type de violences et de maltraitance viole les droits de l’homme. Plusieurs organisations ont dénoncé la brutalité et la violence avec laquelle les forces de l’ordre ont repoussé les migrants.

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23 Mai, 2021

Gonzalez Laya : « Avant de quitter l’Espagne, Brahim Ghali doit répondre de poursuites judiciaires »

Selon l’agence Reuters, la ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya a déclaré ce dimanche 23 mai que « le chef du polisario doit répondre de poursuites judiciaires en Espagne avant de quitter le pays ».

« Gonzalez Laya a déclaré que lorsque Ghali se serait remis de ses problèmes de santé, il devrait répondre à une affaire devant la Haute Cour d’Espagne avant de retourner dans son propre pays », selon l’agence.

« Nous avons promis de donner à cette personne une réponse humanitaire. Cette personne était dans une situation critique pour ses multiples problèmes de santé dont un cas grave de COVID-19 », a-t-elle déclaré à la Radio nationale espagnole.

« Quand il aura récupéré, il retournera dans son pays [sic]. Pendant ce temps, il fait face à une série d’affaires judiciaires et nous espérons qu’il s’acquittera de ses obligations envers la justice espagnole. »

Ghali fait face à une citation à comparaître en Espagne dans une affaire de crimes de guerre, de viol et de tortures. La déclaration de la ministre espagnole constitue malgré ses insuffisances, un changement dans la posture espagnole. Le Maroc a réussi à replacer la crise dans son vrai contexte, celui de l’accueil secret et sous une fausse identité, d’un homme qui mène une guerre (au vrai sens du terme) au Royaume, et qui fait l’objet de plaintes graves en Espagne.

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